Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /Mai /2009 23:19

Acte II- Scéne II


Partis de Tarrafal sur l'île de Sao nicolau au Cap vert le 3 décembre on entre assez vite dans le vif du sujet. Après deux heures de calme le nord-est rentre en coup de vent:35 -40 noeuds dans les dents!!! La mer est grosse et nous sommes en fuite vers le nord. A 21 h on peut à nouveau faire de l'ouest: la Martinique c'est dans cette direction!! J'ai décidé de faire route vers le 14° de longitude pour ensuite naviguer à environ la même hauteur  d'atterrissage sur la Martinique 14°22N.

3ème jour de mer: nous pêchons notre premier poisson depuis le début de notre odyssée. Photo du trophé et du héro qui l'a remonté à bord!! C'est une ridicule petite dorade coryphène de 30 cm! On la passe à la casserole quand même: chacun un filet . Le cap est bon le vent est sud.


4ème jour de mer : nous pêchons notre deuxième dorade...on est un peu moins nuls elle fait 50cm! photo...casserole!! Le cap est bon le vent est sud.


5ème jour de mer: nous pêchons notre troisième dorade ...toujours à la m ême heure 16h30 pile poil pour le dîner... On commence à attraper la grosse tête : elle fait 63 cm!! de quoi faire deux repas pour deux personnes. Demain nous ne pêcherons pas. le cap est bon, le vent nous emmerde il passe au sud est et il est nul...Où sont les alisées de Nord Est? 





6ème jour de mer: pétole pétole pétole!!! Pour les non i nitiés ça veut dire peu ou pas de vent . Nous passons même 4 heures complètement encalminés avec 0 noeuds de vent. Nous hébergeons quatre passagers clandestins pendant quelques heures: des oiseaux blancs qui se reposent sur le flotteur tribord. 


7ème jour de mer: pas de vent ou peu...je commence à comprendre que je ne ferais pas une grosse performance sur cette traversée! A 18H un grand soixante pieds nous double sous spi et grand voile. On discutes un peu sur la VHF puisque cet allemand a le bon goût de parler français! Il nous donne la météo qu'il reçoit par satellite, nous demande si nous n'avons besoin de rien et nous souhaite bon vent.

8ème jour de mer: le vent rentre doucement 8-10 noeuds mais avec le genaker ça fait du 5-6 noeuds de vitesse et c'est bon. Du coup j'apprends "les conquérants" de José Maria de Hérédia: un clin d'oeil à ceux qui ont inauguré la route que je suis en train de suivre avec leurs caravelles. A 16 h un wahou mords à notre traîne. Sachez chers lecteurs que ce poisson est l'un des plus combatifs qui soit. Il fait des bons de trois mètres au dessus de l'eau et je ne me fait pas trop d'illusions ça va être dur de le ramener à bord...mais j'essaie. Contre toute attente après une heure de bagarre il est dans le cockpit. C'est une bête magnifique de 85cm de long. Photo: des fois que vous doutiez!! Cette fois nous avons à manger pour 5 ou 6 jours. On le fera de toutes les manières possibles: poëlé, en sauce, chaud, froid, en vinaigrette mais nous n'en perdrons pas une miette.  
Par nhatecua - Publié dans : tour du monde :carnet de bord
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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 04:39
Acte II. Scène I

Nous quittons l'île de SAL le 27 novembre vers 15 h avec un concert de cornes de brume sur Rataillot pour saluer notre départ!
Rataillot : un gin fizz (modèle de bateau) de trente ans emmené par Jean et Liliane deux adolescents sexagénaires!
Vers 17 h rentre une grosse houle de NE, et la mer restera grosse toute la nuit. Pas d'incident notable durant cette navigation si ce n'est  un gros poisson volant qui vient se suicider dans notre jupe.( c'est la pêche que je préfère!!)
Nous arrivons à Tarrafal sur l'île de Sao Nicolau le 28 -11 vers 9 h . Nous y resterons 5 jours à nous baguenauder dans cette île que nous avons beaucoup aimé.Il faut dire qu'à part quelques voiliers de passage, il n'y a pas de touristes à Sao Nicolau et ça se sent . Les rapports avec la population sont différent, fait de curiosité réciproque, de spontanéité, de gentillesse, le tout dans un bonne humeur permanente que pourraient leur envier bien des sociétés au niveau de vie beaucoup plus élevé. L'intérieur de l'île, dont le relief arrête les nuages reçoit beaucoup d'eau, est très fertile et nous avons fait des balades très agréables avec les "alugers"- sorte de petite camionnette qui vous transporte dans la benne-. Nous y ferons le pleins d'excellent fruits et légumes pour la traversée de l'Atlantique.
Je crois que c'est Woody Allen qui disait: "L'éternité c'est long...surtout sur la fin!!!"
On pourrait en dire autant d'une traversé de l'Atlantique! 
Par nhatecua - Publié dans : tour du monde :carnet de bord
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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 04:18
Parce que certaines nuits dans la vie d'une mère sont plus longues que d'autres, après un demi litre de café, 45 aller retour dans le salon douze gros câlins, un monologue sans issu et finalement l'ultime décision du milieu de la nuit: "c'est la nuit bébé il faut dormir!!!!!!!!!!!!!!" (je m'adresse à celles qui se souviennent de quoi je parle, et notamment à la grand mère du petit monstre qui gesticule dans son lit ayant décidé que jouer à 4h du mat c'est mieux que de dormir  et qui hurle de colère pour que je cède et joue à Monsieur cookies ou train des animaux), je fini par me retrancher dans le bureau et me colle au décriptage des nouvelles aventures de OH LA LA.
La plupart des pages ont été écrites en mer........Et comme toutes les bonnes séries sortent 6 mois après en France.
Mais si Jacky était là il dirait: "Abrège !!!!On veut la suite". 
Et je lui répondrais:" Les préliminaires sont aussi important que la suite et durent souvent plus longtemps. Et d'autres part celà ne fait qu'une semaine que j'ai reçu vos écrits!" 
OK je m'y colle.


Pour ceux que ça intéresse: score de la nuit: Maman 1- Bébé dodo..................
Par nhatecua
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Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /Jan /2009 06:42
ACTE I- Scène VII

Ah oui, le voyage...
Le mardi 4 novembre à 8h30 nous quittons le port   sur l'île de Lanzarote. Ca se fait mollement because pas de vent. On se traîne toute la journée à 3-4 noeuds. Sur le soir le vent rentre un peu et immédiatement nous distançons BLABLA qui est parti en même temps que nous d'Arrecife. Nous longeons toute la nuit l'île de Fuerteventura au matin ciel gris peu de vent et grosse mer avec houle croisée: désagréable.

Le mercredi soir le vent monte rapidement s'établit à 25 noeuds et plus. 4 ris dans la grand voile puis 5. La mer grossit encore...La nuit, les déferlantes avec le plancton phosphorescent sont magnifiques, mais si ça se calmait un peu j'aimerais autant!!  

Jeudi le vent baisse un peu (20 noeuds), tout l'après midi mer très grosse (creux de 5 à 6 mètres). A 16 h vu des globicéphales (espèce de dauphins à tête ronde).

Vendredi: vent 25 noeuds, mer: grosse. 15h les dauphins, les dauphins, les dauphins ils sont une centaines à jouer autour du bateau, ils sautent, ils plongent sous nos étraves, c'est la fête! Je les comprends car j'imagine que par 23°45 N et 17°57W les distractions sont rares  autant pour les dauphins que pour les hommes et il ne faut pas laisser passer l'occasion!! 
 
Samedi 8 novembre: la mer s'est calmée (creux de 3.4 mètres) vent 20 noeuds, du gâteau.
 A 13h35 je pense avoir la berlue, je suis debout dans le cockpit et je vois une baleine (une vraie!)  qui vient vers nous, elle nage en surface et souffle tranquillement, mais je vois nettement qu'elle va nous percuter!! Je suis mort de trouille. Je hurle à Marie-thé qui est à l'intérieur:" une baleine!". Au dernier moment elle semble infléchir sa trajectoire et elle nous croise en venant frôler notre flotteur bâbord. Je suis totalement abasourdi et je la regarde bêtement s'éloigner sur mon arrière, de sa nage majestueuse. Marie-Thé qui a jailli de la descente comme un diable de sa boîte en reste sans voix.
A l'escale, d'aucuns prétendront que l'animal m'avait parfaitement repéré et qu'il était simplement venu voir...de près!! Moi je veux bien, mais si chaque fois que OH LA LA croise une demoiselle de 60 tonnes elle vient voir de quoi il a l'air je vais commencer à "flipper"... En plus OH LA LA est tout mignon avec ses petites coques jaunes, et si une de ces belles tombait amoureuse et se mette à lui faire des mamours, on serait mal, on serait même très mal!! Donc pour moi à partir de maintenant les cétacés c'est assez!!!

Dimanche 9 novembre: belle nuit calme vent 20 noeuds. Au matin nous avons trouvés un poisson volantsur le trampoline: le suicidé va passer à la casserole à midi!! 9h30 plus de vent, après un bidouillage acadabrantesque  de ma voile d'avant je gagne un demi noeud!!
     _ Quel effet ça fait Mr KIBELERT d'être un génie?!!!
     _ Rien j'ai l'habitude, je suis Mr KIBELERT!!!
12 h encore moins de vent. On a envoyer le gennaker pour la première fois du voyage. Une demie heure de boulot, mais on avance à 3-4 noeuds. Aujourd'hui les miles on les arrache on les trime!
15h ça mord au bout de notre traîne. Pas un mais deux poissons se débattent au bout de notre ligne. Evidemment ils cassent notre fil...Marie-Thé est colère, contrariée et déçue!! Elle les voyait déjà dans la poêle!!
Lundi 10 novembre: Anniversaire de Marie-Thé, j'ai pas oublié: OUF!!
Mardi 11 novembre: toute la journée nous levons le pied parce que nous allons arriver à SAL la nuit et je ne veux pas rentrer dans le mouillage de nuit. Plus nous irons doucement moins longtemps nous attendrons le jour.

Mercredi 12 novembre: Atterissage au nord de l'île de SAL vers 1h du matin. Pas de vent! Tant mieux nous allons attendre le jour en tirant des bords dans la baie.
7h15 Entrée dans Baïa de Palmeira, nous avons bien fait d'attendre le jour car le mouillage est encombré. Pour nous pas de problème: avec vos 40 centimètres de tirant d'eau on peut aller mouiller devant tout le monde tout près de la plage après avoir slalomé entre les bateaux.
RANGEMENT DU BATEAU.
10 h Clairence à terre: les autorités décontractées: c'est l'Afrique!!
Ah un petit détail: l'eau est à 27°3!!!
L'île de SAL n'est pas la plus intéressante du Cap vert. Elle est quasiment désertique avec une végétation rabougrie. Seuls points à voir : la grande plage de Santa Maria au sud et l'exploitation de sel dans le cratère d'un volcan à l'est.
Le mouillage est un peu triste avec vue sur des réservoirs de pétrole et un appontement en pierres délabré. Par contre, il a un avantage, c'est le plus sûr et le plus abrité de tout l'archipel du Cap Vert. Aussi de nombreux bateaux font comme nous, ils attendent l'établissement de l'alizé ici se réservant juste de brèves escales pour la visite des autres îles.
Bien sûr nous avons visités l'ile de long en large en "alurguer" (espèce de taxi collectifs) et maintenant il nous tarde d'aller voir ailleurs.
Par nhatecua - Publié dans : tour du monde :carnet de bord
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Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /Jan /2009 15:47
ACTE I- Scéne VI

Il y a Tom et Aude...Ils n'ont pas mon âge à tous les deux, ils sont beaux comme des dieux et mordent dans la vie à pleines dents. Aude, à qui ses yeux de madone et son sourire de carnassier donnent un charme extraordinaire, Tom avec son impatience à vivre et sa soif de découvrir. GREGAL leur bateau est à leur image: petit, solide, vivant et drôle. Puissent-ils naviguer encore longtemps dans la vie en laissant derrière eux ce sillage lumineux.

Il y a Raymondle vieux loup solitaire et taciturne. Il a des semelles de vent: ni les caresses d'une épouse, ni la douceur d'un foyer ne peuvent le retenir, l'appel de l'horizon est le plus fort. De temps en temps il s'arrête pour discuter avec Marie-Thé parce qu'elle est sûrement la femme qu'il aurait aimé trouver: une équipière inconditionnelle pour l'accompagner dans ses tribulations. SEAHORSE son bateau est comme lui: un peu vieux, un peu rouillé, mais dur au mal, solide, incassable.

Il y a Claude et son coeur gros comme ça, sa débrouillardise, sa générosité, et son esprit aux aguets...Claude qui tombe amoureux et qui se remet à inventer sa vie,quittant pour un temps son fidèle "VENT DE SOLEIL" pour accompagner sa belle dans les brumes du nord.

Il y a Thierry: son bateau s'appelle BLA BLA. Vous avez compris il parle beaucoup, beaucoup trop. Mais c'est un homme sincère et chaleureux. C'est aussi un homme "cabossé", la vie ne lui a pas fait que des cadeaux. Depuis quelques temps il a enfin exorcisé ses démons et il s'est remis en santé dans sa vie comme dans sa navigation. Marie-Thé le trouve attendrissant avec son enthousiasme inquiet.

Il y a Danielle globe trotter argentin qui navigue sur BLA BLA pour la traversée de l'Atlantique. Daniel a vraiment une gueule de pirate avec un vrai bandeau sur l'oeil. Ce garçon est totalement imperturbable, il traverse la vie avec son sourire serein et pour toute fortune son sac à dos. Il parle un peu espagnol, un peu anglais, un peu français et la conversation avec lui est une gymnastique intellectuelle extra ordinaire faite d'un mélange de toutes ces langues. Ce genre d'homme n'existe plus en Europe: il mange au hasard, il dort au hasard, il voyage au hasard avec ce regard désabusé et amusé des gens pour qui politique et religion sont des questions sans objet... Daniel il va...où?...à la muerte comme tout le monde!!

Il y a Pat et Sophie. Elle c'est une artiste: sculteur, graphiste, sensibilité écorchée vive, impulsive et intuitive, lui c'est un pragmatique solide , tétu et ouvert, ils ont en commun un succulent sens de l'humour. A priori ils ne sont pas fait pour aller ensemble, mais ils ont l'un et l'autre cette intelligence du coeur qui fait que chaque jour ils vont à la rencontre de l'autre et que chaque jour ils se "marient". Une soirée à bord de "PATSOSY" leur bateau est un bonheur: oeuvre d'art aux cloisons bibliothèque de qualité, cuisine de qualité, musique de qualité... Sur PATSOSY tout n'est" que luxe, calme et volupté"

BON, BIEN, ET LE VOYAGE?...
Par nhatecua
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 15:00
Acte I. Scéne V

Liberté, liberté chérie!...Qu'elle a écrit ma bru!...
On peut citer Don Quichotte: "La liberté, Sancho, est un des dons les plus précieux que le ciel ait fait aux hommes.Rien ne l'égale, ni les trésors que la terre renferme en son sein, ni ceux que la mer recèle dans ses abîmes". A cette réserve près qu'il semblerait que le "ciel" ou à tout le moins ceux qui s'en réclament se soient de tout temps toujours ingéniés à priver le plus possible les hommes de liberté. Nonobstant ce bémol je serais d'accord avec Monsieur de Cervantes "Pour la liberté on peut et l'on doit aventurer sa vie."
L'amour de la vie ne se conçoit, à mon sens, que si on accepte de la risquer, et le risque ne peut s'accepter que dans la mesure où il nous emmène quelque chose: donner un sens à sa vie, avoir une fonction créatrice ou simplement aller à la découverte... sinon vous n'êtes qu'un casse-cou débile, pitoyable et ...inutile.
Je sais, vous me direz que que vous voulez un récit de voyage et que vous n'avez pas la moindre envie de vous farcir les errements métaphysico-philosophiques d'un soixante-huitard à la limite de la sénilité!...Je vous dirais que d'abord ce n'est pas gentil, et qu'ensuite ces reflexions qui vous viennent de temps à autre le soir dans votre cokpit devant un soleil couchant font partie intégrante du voyage. Vous vous en foutez!...D'accord, parlons de voyage!!
Donc depuis juillet OH LA LA était à la Graciosa aux Canaries.Nous l'y avions laissé sous bonne garde afin de rentrer en France. Nous avions à cela une bonne raison: nous allions être grands-parents pour la première fois. Rien d'extraordinaire à cela me direz vous, les fornications impromptues de la jeunesse donnent souvent ce résultat !! Et les femmes étant ce qu'elles sont face à la maternité il a fallu aller visiter le "chef d'oeuvre" probablement involontaire!! Je dus supporter les attendrissements de la grand-mère, les guili guili, les areu areu, les "elle est jolie", les "elle est bien potelée", les "comme elle est bien éveillée"...parce qu'il faut  vous dire que c'est une fille.
Je dois quand même reconnaître qu'à la vue de ce beau bébé tout rose j'en fus un peu ébahi et pour tout dire ému...sûrement un viaux fond de sensiblerie juvénile qu'il me restait à mon insu!!
Bon bien, et le voyage?...Ah oui, le voyage.... 
Le jeudi 16 octobre à 10h45 nous quittons le port de la Graciosa, et nous commençons directement par le plat de résistance: remonter le bras de mer qui sépare l'île de la Graciosa de Lanzarote, contre le courant et contre le vent.Heureusement ce n'est pas long, mais nous passons une heure à "planter des pieux ": comme remise en jambe on ne fait pas mieux! Une fois passé la pointe nord de Lanzarote, il ne nous reste plus qu'à nous laisser porter sur la côte est de l'île par une belle brise de 10 à 15 noeuds. Nous arrivons à Arrecife vers 15h30 dans un vent franchissant 25 noeuds. A signaler: Marie Thé réussi à attraper le corps mort sans problème: bravo. La voilà sacrée reine de la gaffe...celle qui accroche le mouillage pas celle qu'on fait en société!!
Donc nous voilà de nouveau au port, mais n'allez pas croire que nous sommes arrivés à des pontons et qu'on peut se rendre à pieds secs. En réalité nous sommes au mouillage au port.C'est à dire que nous sommes attachés à un corps mort (gros bloc de béton ou autre au fond de l'eau) et nous évitons selon le vent. Pour nous rendre à terre nous devons prendre notre annexe pneumatique et affronter le clapot de la baie qui ne manque pas de nous mouiller les fesses!!N'allez pas croire non plus que la vie au port est de tout repos. Par exemple dans la soirée du 31 octobre le vent tourne et vire sud-ouest, le seul côté où le port d'Arrecife ne procure aucun abris. Nous ne sommes pas étonnés, la météo nous avait prévenu en annonçant 20 à 25 noeuds de vent. Seulement vers minuit c'est des rafales à 45 noeuds qui déboulent à travers le mouillage et le corps mort d'OH LA LA se met à déraper: on va droit sur les récifs! Branle bas de combat, moteur en route et en avant à mi gaz pour soulager la tension sur le mouillage. Je ne suis pas le seul et ça ne dort pas beaucoup à bord des bateaux à Arrecife. Sur le coup de 7h ça se calme un peu et on peut couper le moteur.

J'ai pas dormi de la nuit c'est décidé je vends OH LA LA et j'achète un âne et une charrette pour voyager!!!Afficher l'image en taille réelle
Après un heure de repos je décide de changer de corps mort pour un plus solide. Celui-ci est à 20 mètres: c'est sans problème. Hélas l'amarre de l'annexe que j'avais rallongé pendant la tempête pour lui éviter de venir taper dans l'arrière du bateau, se prend dans l'hélice.. Sans moteur je ne suis plus manoeuvrant et je pars à la dérive dans le port! Je saute sur mon ancre que j'envoie...évidement elle ne croche pas...et je file droit sur un autre bateau. A bord de KOF- un bateau suédois- on a tout compris, je vois les propriétaires de celui ci préparer tranquillement des pares- battages pour amortir le contact. Mais j'ai un autre souci c'est qu'après KOF il y a les rochers à 50 mètres. Mais, alors que nous sommes bord à bord avec son bateau, je vois "monsieur KOF" me lancer nonchalamment un bout qu'il me fait signe de tourner à mon taquet, il amarre son côté à l'arrière de KOF et je suis arrêté dans ma course à la catastrophe. Et tout cela sans le moindre énervement sans le moindre signe de mauvaise humeur, sans le moindre reproche de leur part. "Monsieur et Madame KOF: Chapeau! " Ils me font signe de prendre mon temps pour remonter mon ancre et ensuite me décaler sur un corps mort. Ils lâchent alors le bout avec lequel ils m'assuraient. Quand j'irai les remercier de leur aide et m'excuser pour ma bévue, j'ai droit à un petit sourire tranquille "tout le monde fait des bêtises" me répond-t-il. Je leur exprime quand même mon admiration pour leur classe... Et là, avec un clin d'oeil malicieux, "monsieur KOF" me signifie que la "french touch" c'est pas mal non plus en me désignant la bouteille de "French wine" que je lui ai offerte!!
Cela nous amène à parler des gens que l'on rencontre. Car le voyage c'est ausi beaucoup de rencontres. Il y a bien sûr la foule de gens insinifiants et de temps à autre il y a des exceptions.
                         
                           ...
Par nhatecua - Publié dans : tour du monde :carnet de bord
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Vendredi 26 décembre 2008 5 26 /12 /Déc /2008 12:57
Il aura fallu un peu de temps et de patience pour vivre la suite des aventures de OHLALA !!! Cest un peu comme les séries américaines, il faut poireauter des mois avant chaques nouvelles saisons et se retaper les redifs des saisons précédentes. mais le père Noël a été généreux cette année et m'a apporté dans sa hotte (via la poste) les mémoires écrites de Jacky.
Avant de vous faire partager leurs aventures sur l'eau je vais vous parler un peu de leur petit retour à terre France.
Parce que tout le monde connait Jacky le navigateur, mais peu de gens "jacky le grand père".
Le 10 Septembre, retour des Canaries via Barcelone puis bus jusqu'à Avignon pour attendre la naissance d'une petite fille. Le suspence va durer jusqu'au 13, à 23h20, 2 semaines après la date prévue et enfin!!!!! Cassandre KIBELERT souri au monde (enfin crie!!!!). Une petite crevette blonde comme les blés, aux yeux bleus. l


L'émotion des premières heures passée il a fallu à Jacky et Marie Thé "arroser" cet évènement en faisant un petit tour de France famillial et amical!!! L'heure du retour vers la Grasioza approchant une dernière sieste à terre s'impose. ET OUI même les plus grand navigateur ont leurs faiblesses!!!!
Par nhatecua
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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 10:31
Après plusieurs tentatives de "suicide" sur Marie Thé, et aucunes sirènes à l'horizon Jacky se résigne à garder sa femme près de lui et en vie!!!! Il y a deux ans il avait bien essayé de la faire disparaitre en pleine tempête au large du Portugal, puis avait attendu son dernier souffle dans la montée du col du "pain bouchain" lors de leur expédition en vélo de l'été 2007, mais en vain!!!! L'amour donne une éternelle jeunesse et santé à Marie Thé, et puis que deviendrait il sans elle?

Acte I Scéne IV

Jeudi 10 juilet 2008: départ de Tarifa 10h15. Vent d'ouest.
12h Punto Paloma: beaucoup de courant, moteur à fond on marche à 1,2 noeuds sur le fond.
15h faisons route sur le Cap Espartel (la pointe extrème nord ouest de l'Afrique), traversée du rail des cargos.....a gla gla...
18h nous passons le cap Espartel: ça y est, nous sommes dans l'Atlantique!
A 3h du mat le vent rentre nord ouest: c'est cuit pour Madère, mais c'est bon pour les Canaries.
La Gracioza: 545 miles.
A partir de là nous ne changerons plus d'amure jusqu'à la Graciosa. Nous avons eu pas mal de vent avec un petit coupe de 35 noeuds le 13 au soir m'obligeant à bidouiller pour réduire la grand voile( prise de ris arimée à l'avant dernière latte!!) voile d'avant en tourmentin et on déboulait à 9-10 noeuds dans une mer très grosse. C'est con qu'il n'y ait pas de freins sur nos engins!!!!
14 Juillet, vive la révolution. Joli soleil, joli vent, marchons à 6-7 noeuds avec surfs à 10, un régal!
21h nous entrons dans le port de la Graciosa. Depuis Espartel nous avons fait plus de 150 miles de moyenne en 24 heures:pas mal du tout pour un 26 pieds!
Acceuil enthousiaste de Raymond et Claude qui sont arrivés quelques heures avant nous. présentation de Thierry, Didier, Tina, Sabine, etc.... Nous rangeons le bateau et les rejoignons dans un bar du port pour le pot de l'amitié.
C'est spontané, sincère , sympa..... Ce soir j'aime la marine à voile!
Le lendemain je cherche le bureau de la Capitainerie pour faire les papiers. On m'explique que c'est la fête de la virgin de la mer et que tout est cerrado (fermé) pendant une semaine....AH?... Cool mon garçon, tu feras tes papiers dans une semaine...OK? OK!
Mais quand même c'est fou ce qu'il y a comme vierges en Espagne!!! On se demande comment ce pays peut être aussi peuplé! Qu'est ce que les autres femmes ont du donner ou... recevoir, c'est selon le point de vuedans lequel on se place.!!
Donc pendant quelques jours on assiste aux fêtes de la mer avec la procession des bateaux qui promènent la virgin Carmen del mar.
Comme Marie Thé est tombé sur le winch babord elle s'est abîmée une côte. Je suis donc privé de cochonneries sur la couchette, parce qu'il paraît que c'est très douloureux de faire guili guili partout quand on a une côte cassée!!!
( une autre tentative avorté: arme du crime un bout de pâté!!!!)
Je tue le temps comme je peux: vidange du moteur, changement du filtre à gazole, révision du gréement, changement de la bouteille de gaz et apéro sur BLABLA, VENT DE SOLEIL, POLLEN, AIKANE et OH LA LA bien sûr.
La vie de navigateur est très dure mais on s'y fait!!! 
Par nhatecua - Publié dans : tour du monde :carnet de bord
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Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /Sep /2008 13:48
Acte I Scéne III
'
Navigation difficile toute la journée: mer courte et hachée, vent d'ouest donc au près serré, grand voile à 3 ris because 30 noeuds de vent. Nous arrivons à la pointe Europa (la pointe extrème sud de Gibraltar) vers 18h30....et nous mettons 1h30 pour passer la pointe et contourner les bouées de signalement d'un cargo coulé dont la cheminée et quelques super structures dépassent de l'eau. Il faut dire que le courant est fort et que le vent est contraire avec des rafales à 40 noeuds....1h30 pour faire 500 mètres, 1h30 de galère!!!
Il nous faut ensuite zigzaguer dans la baie dAlgésiras entre les cargos au mouillage. Arrivée à Marina Bay à Gibraltar vers 21h et .... on se fait jeter!!!! Il y a sur le quai un guignol qui gesticule en hurlant "no place, no place". Il est aussi laid qu'un anglais peut l'être quand il se donne du mal! Avec ses jambes maigres qui dépassent d'un short trop grand, ce type est une insulte à l'espèce humaine. Je décide de m'amuser un peu: je fais mine de m'amarrer à un dock flottant et il hurle de sa voix de fausset "forbiden" je vais au quai de carburant "forbiden" et chaque fois il monte d'un octave!!!
"Anchorage, anchorage" s'époumonne t il avec le geste de quelqu'un qui cherche à se débarrasser d'un insecte qui lui tourne autour!
J'ai finalement pitié du pithécantrope(sous espèce de l'homo erectus), je m'approche à quelques mètres et je lui dis en souriant:" no place? really?"
Jacky et Marie Thé sont partis en bons polyglotes avec " apprendre l'anglais et l'espagnol", cd rom interactif d'apprentissage rapide des langues étrangères.
ET là, l'improbable se produit j'ai vu une lueur d'intelligence dans son regard... je pense qu'il a compris que je me moquais. Vexé il tourne les talons et s'en va sans me saluer!
Finalement en suivant d'autres refoulés nous trouvons le mouillage au nord de l'aéroport.Nous y arrivons vers 22 h à la nuit tombante, c'est déjà bien encombré. Nous tournons un peu pour trouver une place... Avec 30 noeuds de vent ce n'est pas un exercice des plus faciles. Nous mouillons enfin au nord de l'abri dans 2,80 m d'eau. Après 2 essais l'ancre croche solide.... OUF!!!
Comme tous les trimaran OH LA LA slalome doucement sur son mouillage mais ça tient. On est défoncé et on prend notre temps pour la cérémonie du rangement du bateau. A minuit on "arrose" notre premier mouillage au pastis!! A minuit cinq on est rond comme des queues de pelle, donc: repas, fourrage du textile de mouillage au davier pour la protection du ragage et dodo jusqu'à 9h le lundi.
Au fait, nous sommes en Espagne, le patelin qui touche Gibraltar et ça s'appelle: LA LINEA DE LA CONCEPTION
ça ne s'invente pas! Que la vierge de la conception soit bénie, que les anglais aillent se faire voir et que VIVA l'ESPAGNIA!!!!
Le lendemain, ballade dans la LINEA: c'est sympa, c'est animé ça vit tard, c'est espagnol: nous aimons.

Mardi 9 juillet 2008 départ de la Linéa, 10h15 soit 1 heure après la pleine mer: ça va nous aider dans le détroit. Pointe Carnea
11h45: brouillard, cornes de brume des cargos: LEGERE ANGOISSE.
12h on rattrape un petit ketch rouge et nous reconnaissons immédiatement "SEAHORSE" le bateau de Raymond le belge qui est parti quelques jours avant nous du chantier de Balaruc. Il navigue avec Claude dont le bateau est déjà aux Canaries. On se salue, on gesticule, cette rencontre improbable en plein détroit est quand même surprenante.
14h le vent d'est est monté, nous avons courant contre marée et vent, je ne vous raconte pas l'état de la mer.
15h Marie Thé est bloquée du dos: elle souffre beaucoup. nous pensons à une he rnie discale et écidons donc de relâcher à TARIFA. le vent monte encore 40 noeuds, nous avons toutes les peines à entrer dans le port.
Même dans  le vent est fort, le vent est très fort. C'est un port de pêche et de commerce, il n'y a pas de place pour un voilier. Finalement accostage en catastrophe contre un bout de quai en pierre. Je mets un bonne demie heure à installer le amarres. Je vais expliquer mon problème à la policia del puerto.Ils appellent une ambulance. Marie Thé est sortie de OH LA LA sur un brancard direction les urgences à l'hôpital. Verdict: colliques néfrétiques. Ses urines sont pleines de sables. Pîqures, antibiotiques, une heure après elle sort.Pas très en forme mais elle ne souffre plus. Nous passons la nuit au port tranquilles.
Par nhatecua - Publié dans : tour du monde :carnet de bord
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Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /Août /2008 18:37

Acte I scène II

Après avoir goûter au luxe ou devrais je dire à la luxure de Palma nos aventuriers dépouillés de quelques centaines d'euros reprennent la mer. Comme disait Renaud "la plaisance c'est le pied". Jacky n'est pas allé faire la fête à Ibizza (comme par hasard Marie thé ne retrouvait plus la carte bleue, et avec 10 euros en poche on n'a pas grand succès à IBIZZA reine de la nuit).Même les mouettes n'aiment pas les p'tits bateaux, et les navigateurs modestes!!!!!
En route pour Gibraltar, l'autoroute de la Méditérannée.
 
A 5h15 retour sur la planète mer: un cargo nous fonce droit dessus. Moteur et sauve qui peut.... très chaud!!!
Dimanche et lundi calme plat, moteur ou parfois voile à 3 noeuds.Tout le monde est d'accord la méditérannée est faite pour les grands yachts à moteur pas pour les voiliers. Je passe mon temps à bidouiller pour faire porter les voiles. J'innove, j'invente,ce n'est pas très accadémique j' avance à 3 noeuds!!!
Dans la nuit nous avons passé le méridien de Greenwich, désormais notre longitude sera ouest. 
Encore un cargo qui nous rase les moustaches: putain de cargo!!!

Toute la nuit de lundi à mardi nous avons droit à un orage de chaleur à l'horizon avec des éclairs gigantesques c'est impressionnant!

9 h du mat des centaines de dauphins nous escortent et jouent autour de OH LA LA: fabuleux, émouvant!
Cap Gata difficile à passer: beaucoup de courant, pas de vent c'est dans le nez! Nous décidons de faire relâche à Puerto Almerimar. Nous y arrivons vers 23 h et OH MIRACLE, on attrape nos amarres on nous aide à accoster et on nous souhaite la bienvenue: INCROYABLE!!!!! On va même jusqu'à nous dire qu'on à un beau bateau et que vu notre accostage impécable nous sommes de bons marins!!
Il y a des moments comme ça qui vous réconcilient avec la vie.
Le lendemain matin on parle un peu français pour faire les papiers, on nous donne une place à quai. Le port est dans la ville avec magasins restau etc...Plaisanciers du monde entier sachez qu'il y a encore un port en Méditérannée où nous sommes les bienvenues:Puerto Almérimar. VIVA PUERTO ALMERIMAR!!!
En me promenant dans Almérimar je prends conscience d'une chose: à Mallorca les femmes sont belles. D'abord, petit détail qui a son importance elles sont à 90% adeptes des hauts talons,c'est la mode à Palma, ensuite elles sont rarement grosses et enfin elles ont une allure de reine: dans leur regard, dans leur démarche il y a de l'hidalgo il y a du conquistador.... Autre bonheur pour le mâle commun quand une mallorquaise à des seins elle les fait voir (waou les décolletés), quand elle a des jambes elle les fait voire(waou les cuisses). Dans tous les cas on ne peut pas les confondre avec  la viande plus ou moins déballée des nombreuses touristes Mallorquaises, merci pour avoir si souvent comblé mon regard d'esthète!!!
Bon c'est pas tout ça il faut que je trouve des pneus pour mon vélo:J'ai crevé à Palma.Je trouve des pneus  et pas chers. je les monte et à nous les ballades dans les environs...Pas trop loin! il y a des collines tout autour du port et les collines ça monte. Après une autre étape à Puerto ESTEPONA le dimanche 6 juillet 2008 nous mettons le cap sur GIBRALTAR.

Par nhatecua - Publié dans : tour du monde :carnet de bord
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