Lundi 1 septembre 2008
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13:48
Acte I Scéne III
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Navigation difficile toute la journée: mer courte et hachée, vent d'ouest donc au près serré, grand voile à 3 ris because 30 noeuds de vent. Nous arrivons à la pointe Europa (la pointe extrème sud
de Gibraltar) vers 18h30....et nous mettons 1h30 pour passer la pointe et contourner les bouées de signalement d'un cargo coulé dont la cheminée et quelques super structures dépassent de l'eau. Il
faut dire que le courant est fort et que le vent est contraire avec des rafales à 40 noeuds....1h30 pour faire 500 mètres, 1h30 de galère!!!
Il nous faut ensuite zigzaguer dans la baie dAlgésiras entre les cargos au mouillage.

Arrivée à
Marina Bay à Gibraltar vers 21h et .... on se fait jeter!!!! Il y a sur le quai un guignol qui gesticule en hurlant "no place, no place". Il est aussi laid qu'un anglais peut l'être quand il se
donne du mal! Avec ses jambes maigres qui dépassent d'un short trop grand, ce type est une insulte à l'espèce humaine. Je décide de m'amuser un peu: je fais mine de m'amarrer à un dock
flottant et il hurle de sa voix de fausset "forbiden" je vais au quai de carburant "forbiden" et chaque fois il monte d'un octave!!!
"Anchorage, anchorage" s'époumonne t il avec le geste de quelqu'un qui cherche à se débarrasser d'un insecte qui lui tourne autour!
J'ai finalement pitié du pithécantrope
(sous espèce de l'homo erectus), je m'approche à quelques mètres et je lui dis en souriant:" no place?
really?"
Jacky et Marie Thé sont partis en bons polyglotes avec " apprendre l'anglais et l'espagnol", cd rom interactif d'apprentissage rapide des langues
étrangères.
ET là, l'improbable se produit j'ai vu une lueur d'intelligence dans son regard... je pense qu'il a compris que je me moquais. Vexé il tourne les talons et s'en va sans
me saluer!
Finalement en suivant d'autres refoulés nous trouvons le mouillage au nord de l'aéroport.Nous y arrivons vers 22 h à la nuit tombante, c'est déjà bien encombré. Nous tournons un peu pour trouver
une place... Avec 30 noeuds de vent ce n'est pas un exercice des plus faciles. Nous mouillons enfin au nord de l'abri dans 2,80 m d'eau. Après 2 essais l'ancre croche solide.... OUF!!!
Comme tous les trimaran OH LA LA slalome doucement sur son mouillage mais ça tient. On est défoncé et on prend notre temps pour la

cérémonie du rangement du bateau. A minuit on "arrose" notre premier mouillage au pastis!! A minuit cinq on est rond
comme des queues de pelle, donc: repas, fourrage du textile de mouillage au davier pour la protection du ragage et dodo jusqu'à 9h le lundi.
Au fait, nous sommes en Espagne, le patelin qui touche Gibraltar et ça s'appelle: LA LINEA DE LA CONCEPTION
ça ne s'invente pas! Que la vierge de la conception soit bénie, que les anglais aillent se faire voir et que VIVA l'ESPAGNIA!!!!
Le lendemain, ballade dans la LINEA: c'est sympa, c'est animé ça vit tard, c'est espagnol: nous aimons.
Mardi 9 juillet 2008 départ de la Linéa,
10h15 soit 1 heure après la pleine mer: ça va nous aider dans le détroit. Pointe Carnea
11h45: brouillard, cornes de brume des cargos: LEGERE ANGOISSE.
12h on rattrape un petit ketch rouge et nous reconnaissons immédiatement "SEAHORSE" le bateau de Raymond le belge qui est parti quelques jours avant nous du chantier de Balaruc. Il
navigue avec Claude dont le bateau est déjà aux Canaries. On se salue, on gesticule, cette rencontre improbable en plein détroit est quand même surprenante.
14h le vent d'est est monté, nous avons courant contre marée et vent, je ne vous raconte pas l'état de la mer.
15h Marie Thé est bloquée du dos: elle souffre beaucoup. nous pensons à une he

rnie discale et écidons donc de relâcher à TARIFA. le vent monte encore 40 noeuds, nous avons toutes les peines à entrer dans le port.
Même dans le vent est fort, le vent est très fort. C'est un port de pêche et de commerce, il n'y a pas de place pour un voilier. Finalement accostage en catastrophe contre un bout de quai en
pierre. Je mets un bonne demie heure à installer le amarres. Je vais expliquer mon problème à la policia del puerto.Ils appellent une ambulance. Marie Thé est sortie de OH LA LA sur un brancard
direction les urgences à l'hôpital. Verdict: colliques néfrétiques. Ses urines sont pleines de sables. Pîqures, antibiotiques, une heure après elle sort.Pas très en forme mais elle ne souffre plus.
Nous passons la nuit au port tranquilles.
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